Sécurité routière au Togo : l’urgence d’agir face à une hécatombe persistante

0
320

Par René DOKOU, le 02 Février 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Entre 2022 et 2024, le Togo a enregistré 20 942 accidents de la route, selon des données officielles. Le bilan humain est particulièrement lourd : 1 826 personnes ont perdu la vie sur les routes du pays en l’espace de trois ans. Ces chiffres alarmants traduisent une crise persistante de la sécurité routière et interrogent l’efficacité des réponses apportées jusqu’ici.

Face à cette situation, les organisations de la société civile, très engagées dans la prévention, tirent la sonnette d’alarme. Malgré des années de campagnes de sensibilisation, elles reconnaissent aujourd’hui leur profonde inquiétude devant la faible évolution des comportements et la stabilité, voire la hausse, du nombre d’accidents graves. Pour beaucoup d’acteurs associatifs, les messages de prévention peinent à produire des résultats tangibles sur le terrain.

Dans ce contexte préoccupant, certaines structures refusent cependant de baisser les bras. L’Association Routes Sûres (AROS) annonce le lancement de nouvelles caravanes d’information à travers les différentes régions du pays. Ces actions de proximité visent à rappeler les règles essentielles de la circulation routière : port obligatoire du casque pour les conducteurs de deux-roues, respect des feux tricolores, limitation de la vitesse, interdiction de l’usage du téléphone au volant et nécessité du contrôle technique des engins.

Pour AROS et d’autres associations, la sensibilisation demeure un levier indispensable pour sauver des vies, notamment auprès des jeunes et des conducteurs de motos, particulièrement exposés aux accidents mortels. Mais cet engagement associatif se heurte à une réalité largement partagée par les observateurs du secteur.

De plus en plus de voix estiment en effet que la sensibilisation seule ne suffit plus. Sans sanctions réellement dissuasives, sans contrôles routiers renforcés et sans une amélioration notable des infrastructures, ces campagnes risquent de rester de simples rappels de principes, sans impact durable sur les comportements. Routes dégradées, éclairage insuffisant, signalisation défaillante et non-respect chronique du code de la route continuent d’alimenter le cycle des drames.

La persistance des chiffres entre 2022 et 2024 met en évidence l’urgence d’un changement de paradigme. Pour inverser la tendance, les spécialistes appellent à une approche globale, combinant prévention, répression efficace et investissements structurels. À défaut, la route continuera de coûter la vie à des centaines de Togolais chaque année, transformant un enjeu de mobilité en véritable crise de santé publique.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici