Togo : un nouveau rempart financier adopté par le Sénat

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Par René DOKOU, le 19 Mars 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Le Sénat togolais a décidé de s’investir davantage dans la réforme du secteur financier en adoptant, mercredi, deux textes majeurs : l’un consacré à la réglementation de la microfinance, l’autre à la répression du faux monnayage et des atteintes aux signes monétaires dans l’espace de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

Deux lois stratégiques pour encadrer la microfinance et protéger la monnaie

Ces nouvelles dispositions viennent compléter la législation déjà en vigueur sur la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive. À elles trois, ces lois constituent désormais un socle juridique renforcé visant à moderniser et sécuriser l’architecture financière du pays.

Une microfinance mieux régulée et plus transparente

Au cœur de cette réforme, la microfinance apparaît comme un pilier essentiel de l’inclusion économique. Ce secteur, en pleine expansion, permet à une large frange de la population — notamment les femmes et les jeunes — d’accéder à des services financiers de base, souvent inaccessibles via les circuits bancaires classiques.

La nouvelle loi, adoptée en 2023 par le Conseil des ministres de l’UEMOA, introduit des exigences accrues en matière de gouvernance et de transparence. Les institutions de microfinance devront désormais se conformer à des normes strictes, incluant la mise en place de mécanismes de contrôle interne robustes et l’adhésion obligatoire aux centrales d’information sur le crédit.

En outre, une collaboration renforcée avec les autorités de régulation devient incontournable. Objectif : prévenir les dérives, limiter les risques systémiques et garantir une meilleure protection des usagers. La microfinance n’est plus seulement un outil d’accès au crédit ; elle s’impose désormais comme un levier encadré de développement économique sécurisé.

Faux monnayage : une riposte à une menace croissante

Parallèlement, le législateur a durci le cadre juridique contre le faux monnayage, un phénomène en nette progression et de plus en plus structuré à l’échelle transnationale.

La circulation de fausse monnaie fragilise non seulement la confiance dans les instruments de paiement, mais menace également la stabilité économique et monétaire. La nouvelle loi entend ainsi renforcer les mécanismes de répression et d’investigation, tout en harmonisant les sanctions au niveau des États membres de l’UEMOA.

Cette approche coordonnée vise à mieux lutter contre les réseaux criminels organisés, en dotant les autorités de moyens juridiques plus efficaces pour prévenir, détecter et sanctionner ces infractions.

Une vision économique tournée vers la résilience

Pour le gouvernement, ces réformes s’inscrivent dans une stratégie globale de transformation économique. Le ministre de l’Économie et des Finances, Essowé Georges Barcola, a souligné que ces textes participent à la construction d’un environnement plus sûr et plus attractif pour les investissements.

Ils répondent également à la vision portée par le chef de l’État, Faure Gnassingbé, axée sur l’émergence d’une économie compétitive, inclusive et résiliente face aux défis contemporains.

Le gouvernement assure par ailleurs avoir pris en compte les préoccupations exprimées par les sénateurs, notamment sur les taux d’intérêt appliqués par certaines institutions de microfinance. Des efforts seront également engagés pour renforcer les capacités de la Direction de la microfinance et accompagner les acteurs du secteur dans l’application des nouvelles règles.

Vers un système financier plus inclusif et sécurisé

Avec l’adoption de ces deux lois, le Togo consolide son cadre réglementaire et franchit une étape importante vers une meilleure gouvernance financière.

En encadrant davantage la microfinance et en intensifiant la lutte contre le faux monnayage, les autorités entendent instaurer un climat de confiance durable, propice à l’investissement et à la croissance.

Ces réformes traduisent une volonté claire : bâtir un système financier à la fois inclusif, transparent et résilient, capable de soutenir le développement économique tout en faisant face aux menaces émergentes du XXIe siècle.

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