Crise sonore à Yokoè : la nouvelle Maire du Golfe 7 attendue sur un dossier brûlant

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Un quartier pris en étau par le bruit

(IMPARTIAL ACTU)- À Adidogomé Yokoè, notamment aux abords de la Réserve administrative connue sous le nom de « Terrain de The Winner », la quiétude des habitants est devenue un souvenir lointain. Depuis près de deux ans, les riverains dénoncent des nuisances sonores récurrentes imputées aux activités du ministère international mission Emmanuel, dirigé par l’apôtre Philippe K. S. Egna-tro.

Un quartier pris en étau par le bruit

Chaque lundi et jeudi, de 18h30 à 22h, les soirées de louanges et d’évangélisation se transforment en véritables sources de perturbation sonore. Haut-parleurs puissants, chants amplifiés et rassemblements massifs rythment désormais le quotidien des habitants, au détriment de leur repos et de leur qualité de vie.

Des tentatives de dialogue restées sans suite

Face à cette situation, les populations locales affirment avoir privilégié la voie du dialogue. À plusieurs reprises, elles ont sollicité le responsable religieux pour trouver un compromis permettant de réduire le niveau sonore à un seuil acceptable.

Mais selon leurs témoignages, ces démarches sont restées lettre morte. L’apôtre aurait opposé un refus catégorique à toute régulation du volume sonore, maintenant ses activités sans ajustement, malgré les plaintes répétées.

Les riverains rappellent pourtant que la législation togolaise fixe clairement les limites en matière de bruit, notamment 55 décibels en période nocturne. Une norme largement dépassée, selon eux, lors de ces rassemblements hebdomadaires.

Le silence des autorités municipales pointé du doigt

Au-delà du responsable religieux, les habitants dénoncent également l’inaction des autorités locales. L’ancienne équipe municipale du Golfe 7, saisie à plusieurs reprises, n’aurait engagé aucune action concrète pour mettre fin à ces nuisances.

Ce vide institutionnel a contribué, selon les riverains, à laisser prospérer la situation. En l’absence de mesures coercitives ou de médiation efficace, les activités se sont poursuivies sans entrave.

Aujourd’hui, les regards se tournent vers la nouvelle Maire, DANGBUIE Afi Pascaline, élue le 16 octobre 2025. Investie récemment, elle hérite d’un dossier sensible où se mêlent liberté de culte, respect de la loi et droit des citoyens à la tranquillité.

Des populations à bout de patience

Dans les rues d’Adidogomé Yokoè, la lassitude est palpable. Les témoignages recueillis traduisent un ras-le-bol général.

« Nos enfants n’arrivent plus à étudier correctement, certains malades ne peuvent se reposer. Nous ne sommes pas contre la religion, mais contre l’excès de bruit », confie une habitante.

Cette précision revient avec insistance : la contestation ne vise pas les pratiques religieuses en elles-mêmes, mais leur impact sonore disproportionné. Dans un quartier où cohabitent différentes confessions, la question du respect mutuel devient centrale.

Un cadre légal pourtant clair

La situation intervient dans un contexte où le Togo a renforcé son dispositif de lutte contre les nuisances sonores. Depuis le 20 février, un arrêté interministériel encadre strictement l’émission de bruit sur l’ensemble du territoire.

Signé notamment par Katari Foli Bazi, Hodabalo Awate, Tchin Darre et Calixte Batossie Madjoulba, ce texte fixe les seuils autorisés à 70 décibels en journée et 55 décibels la nuit.

Il impose également des conditions strictes d’implantation pour les lieux de culte et prévoit des mesures d’isolation acoustique pour les activités bruyantes. Des dérogations existent, mais uniquement dans le cadre d’événements autorisés par l’administration.

La responsabilité directe des Maires

Le texte est sans équivoque : les Maires disposent de pouvoirs étendus pour contrôler et sanctionner les nuisances sonores dans leur commune. Ils peuvent, après délibération du conseil municipal, infliger des amendes aux contrevenants.

Dans le cas des lieux de culte, l’intervention des forces de l’ordre nécessite une réquisition préalable des autorités compétentes. Mais cela n’exonère en rien les municipalités de leur rôle de régulation.

Pour les habitants d’Adidogomé Yokoè, l’enjeu est donc clair : il appartient désormais à la mairie du Golfe 7 de faire appliquer la loi et de rétablir l’équilibre entre liberté religieuse et respect du voisinage.

Une attente forte envers la nouvelle équipe municipale

L’élection de la nouvelle maire suscite des espoirs. Les populations attendent des actions rapides et concrètes : médiation, encadrement des activités ou, si nécessaire, suspension des rassemblements non conformes.

Certains appellent même à l’interdiction pure et simple des croisades d’évangélisation sur le terrain concerné, tant que les normes ne sont pas respectées.

Au-delà de ce cas précis, cette affaire illustre un défi plus large : celui de la cohabitation harmonieuse en milieu urbain, où les libertés individuelles doivent s’exercer dans le respect des droits collectifs.

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