
Par René DOKOU, le 26 Mai 2025
(IMPARTIAL ACTU)- La Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) envisage la création d’une force régionale dédiée à la lutte contre le terrorisme. C’est ce que rapporte Togo Matin dans son édition de ce lundi 26 mai 2025. Face à une insécurité grandissante dans la sous-région, notamment au Sahel, l’organisation cherche à renforcer la coordination militaire entre ses membres.
L’objectif principal est clair : mutualiser les efforts pour répondre de manière plus efficace aux menaces terroristes qui frappent plusieurs pays ouest-africains. L’initiative s’inscrit dans un contexte sécuritaire extrêmement tendu, marqué par la multiplication des attaques de groupes armés djihadistes, particulièrement au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Pourtant, ce sont précisément ces trois pays – parmi les plus touchés – qui ont récemment annoncé leur retrait de la Cédéao, affaiblissant de fait la portée de ce projet ambitieux.
Ce retrait complique considérablement la mise en œuvre opérationnelle de la force en gestation. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger forment désormais l’Alliance des États du Sahel (AES), une organisation concurrente qui prône une approche plus souverainiste de la lutte antiterroriste. Leur absence risque de priver la Cédéao de territoires stratégiques, de forces militaires aguerries et d’une connaissance terrain essentielle pour toute réponse concertée à l’insécurité.
Malgré ces défis, la Cédéao affirme sa volonté de poursuivre la structuration de cette force, qui viendrait compléter les initiatives antérieures comme l’opération « Accra Initiative » ou la Force multinationale mixte (FMM) opérant dans le bassin du lac Tchad. Elle espère pouvoir compter sur la solidarité régionale et l’appui de partenaires internationaux pour donner corps à cette nouvelle entité militaire.
Certains analystes restent toutefois sceptiques. Sans la participation des trois États sahéliens, la crédibilité et l’efficacité de la force régionale sont remises en question. De plus, les divergences politiques croissantes au sein de l’espace ouest-africain rendent la coordination de plus en plus complexe.
Pour l’instant, aucune date n’a été fixée pour le lancement effectif de cette force. La Cédéao poursuit ses consultations techniques et politiques afin de surmonter les obstacles actuels. Dans un contexte où les populations continuent de subir les violences, le besoin d’une réponse régionale cohérente reste plus urgent que jamais.















