Par René DOKOU, le 23 Mai 2025
(IMPARTIAL ACTU)- Selon les récentes données publiées par la Banque africaine de développement (BAD), la corruption en Afrique provoque des pertes équivalentes à 25 % du produit intérieur brut (PIB) du continent. Ce chiffre alarmant souligne à quel point ce fléau mine les fondements du développement économique.
Chaque année, à l’échelle mondiale, ce sont plus de 1 000 milliards de dollars qui sont versés en pots-de-vin, et 2 600 milliards détournés. Une part considérable de ces flux illégaux concerne l’Afrique, compromettant la gouvernance, affaiblissant les institutions et exacerbant les inégalités sociales.
Un enjeu central pour les Assemblées annuelles de la BAD 2025
À l’approche des Assemblées annuelles de la BAD, prévues pour 2025, le thème de l’optimisation du capital africain place la lutte contre la corruption au cœur des priorités stratégiques. Le président de l’institution, Akinwumi Adesina, affirme avec force que « la corruption n’est pas un investissement, mais un poison ». Pour lui, éliminer ce fléau est une condition essentielle à la libération du potentiel économique et humain de l’Afrique. Cette volonté politique forte marque une étape importante vers une mobilisation collective et institutionnelle contre les pratiques illégales qui freinent l’émergence du continent.
Une stratégie intégrée pour une gouvernance renforcée
La BAD ne se contente pas de dresser un constat alarmant. Elle propose une réponse articulée autour de plusieurs axes stratégiques. Sa Stratégie décennale 2024-2033 intègre la promotion d’une gouvernance économique saine et la lutte active contre la corruption.
Parallèlement, un plan d’action spécifique pour 2025-2026 ciblera le blanchiment d’argent et les flux financiers illicites, tandis qu’un plan anticorruption pour 2025-2030 est en cours d’élaboration. Ce dernier entend renforcer les institutions de contrôle, améliorer la transparence dans les marchés publics, stimuler la mobilisation citoyenne et promouvoir la coopération régionale et internationale.
Des outils de diagnostic pour orienter les réformes
Pour accompagner les États membres dans la mise en œuvre de politiques efficaces, la BAD s’appuie sur des instruments d’analyse avancés tels que le CPIA (Country Policy and Institutional Assessment) et le CFRA (Country Fiduciary Risk Assessment). Ces outils permettent d’identifier les zones de vulnérabilité, de mesurer les risques liés à la gouvernance, et de guider les décisions en matière de réformes structurelles.
L’objectif est d’assurer une utilisation optimale des ressources et d’ancrer les efforts de développement dans des institutions solides et transparentes.
Mobiliser le capital africain pour une croissance inclusive
La lutte contre la corruption est également indispensable pour atteindre les grands objectifs du continent : Agenda 2063 de l’Union africaine, Objectifs de développement durable (ODD), et engagements climatiques de l’Accord de Paris. En limitant les fuites de capitaux et en optimisant l’usage des ressources domestiques, l’Afrique pourra renforcer la rentabilité de son capital et asseoir les bases d’une croissance durable, inclusive et résiliente.
Les prochaines Assemblées annuelles de la BAD seront l’occasion de formuler des politiques concrètes pour que les richesses du continent deviennent enfin un moteur équitable de progrès pour tous.
















