Par René DOKOU, le 29 Mai 2025
(IMPARTIAL ACTU)- Depuis le mercredi 28 mai 2025, les consommateurs togolais doivent s’adapter à de nouveaux tarifs appliqués dans les services de mouture, pétrissage et aiguisage.
Cette revalorisation des prix, annoncée par le Bureau Syndical National des Exploitants de Moulins, Pétrins et Aiguisoirs du Togo (SYNEMPATO), vise à répondre à la flambée des coûts d’exploitation que subissent les artisans du secteur.
Selon les nouvelles grilles tarifaires, une mesure de maïs est désormais facturée à 250 F CFA, contre 200 F auparavant. Le piment, quant à lui, passe à 800 F CFA la mesure. Pour les boulangers et autres professionnels, le pétrissage d’un sac de farine de blé coûtera désormais 1600 F CFA. Les services d’aiguisage, indispensables pour le bon fonctionnement des outils artisanaux, subissent eux aussi une hausse notable, avec des prestations allant jusqu’à 2500 F pour certaines meules.
Cette décision fait suite à une série d’assemblées générales organisées par le SYNEMPATO dans plusieurs régions du pays. Le syndicat justifie ces réajustements par une conjoncture économique de plus en plus difficile. Parmi les principaux facteurs évoqués : l’augmentation des tarifs de l’électricité décidée par l’arrêté interministériel du 24 mars 2025, la hausse du prix des pièces de rechange, ainsi que la nécessité d’améliorer les conditions de travail des meuniers, souvent confrontés à des revenus précaires et des outils vétustes.
Kodjovi Senko, Secrétaire général du syndicat, explique : « Ces ajustements ne sont pas une fin en soi, mais un moyen de restaurer la viabilité économique des petites exploitations artisanales. Il en va de la survie même de notre secteur, qui reste essentiel pour les communautés locales. »
La décision est accueillie avec prudence par les consommateurs, qui redoutent une répercussion de ces hausses sur les prix finaux des denrées de base. Cependant, dans les zones rurales et périurbaines où ces services sont vitaux pour le traitement quotidien des produits alimentaires, nombreux sont ceux qui reconnaissent les difficultés des artisans.
Au-delà de l’impact immédiat sur le panier de la ménagère, cette hausse des tarifs met en lumière les limites du modèle artisanal togolais, souvent laissé en marge des politiques de soutien au secteur informel. Le SYNEMPATO appelle d’ailleurs à un dialogue avec les autorités pour envisager des mesures d’accompagnement, notamment des subventions ciblées ou des facilités d’accès aux équipements modernes.
Pour l’heure, les acteurs du secteur espèrent que cette revalorisation permettra non seulement de stabiliser leurs activités, mais aussi d’offrir des services de meilleure qualité aux populations.
















