Par René DOKOU, le 12 Janvier 2026
(IMPARTIAL ACTU)- Le Burkina Faso s’apprête à réduire le nombre de ses jours fériés de 15 à 11. Objectif affiché : économiser 17 milliards de FCFA. Une réforme saluée pour son audace, mais qui divise déjà.
Les chiffres sont clairs et la décision assumée. Selon L’Économiste, les autorités burkinabè ont tranché : quatre jours fériés en moins permettraient à l’État d’économiser jusqu’à 17 milliards de FCFA. Dans un contexte de fortes contraintes budgétaires, l’argument est imparable. Moins de jours chômés, davantage de productivité, plus de recettes publiques. Sur le plan comptable, la réforme tient la route.
Reste la dimension sociale et symbolique. Réduire les jours de repos touche à l’organisation du travail, mais aussi à l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Pour certains, la mesure est courageuse, lucide, presque nécessaire. Pour d’autres, elle est téméraire, risquant de fragiliser un peu plus un climat social déjà sous pression.
La comparaison régionale est éloquente. Au Togo, une telle réforme relèverait de l’impensable. Les jours fériés, souvent à forte connotation religieuse, y sont considérés comme intangibles. Les supprimer serait perçu comme une provocation culturelle, voire spirituelle. Autant, dit-on, vouloir déplacer le mont Agou ou rebaptiser le fleuve Mono.
À Ouagadougou, le pouvoir a choisi l’efficacité économique. Le pari est lancé. Reste à savoir si les bénéfices financiers compenseront le coût social et si l’opinion suivra une réforme qui bouscule un acquis longtemps considéré comme immuable.
















