La CEDEAO actualise les normes de formation en santé

0
157

Par René DOKOU, le 29 Janvier 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Cotonou accueille, du 26 au 30 janvier 2026, un atelier régional majeur consacré à la révision des critères harmonisés d’accréditation, de réglementation et d’évaluation des institutions et programmes de formation en sciences de la santé dans l’espace CEDEAO. Initiée par l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS), cette rencontre marque une étape stratégique dans la quête d’une formation sanitaire de qualité, crédible et reconnue à l’échelle régionale.

Démarrés le lundi 26 janvier, les travaux réunissent un large éventail d’acteurs clés : doyens et recteurs d’institutions de formation, responsables de collèges professionnels, experts régionaux et internationaux, ainsi que des représentants d’organes de régulation. Pendant cinq jours, ils sont appelés à examiner, ajuster et moderniser les référentiels existants afin de mieux répondre aux réalités actuelles des systèmes de santé ouest-africains.

À l’ouverture de l’atelier, le ministre de la Santé du Bénin, le Professeur Benjamin Hounkpatin, représenté par son Directeur de Cabinet, M. Petas Akogbeto, a salué le choix de Cotonou pour abriter cette rencontre d’envergure. Il a souligné la portée stratégique de l’initiative, rappelant qu’elle dépasse le simple cadre technique pour s’inscrire dans une vision globale de transformation des systèmes de santé en Afrique de l’Ouest. Selon lui, l’harmonisation des critères d’accréditation constitue un levier essentiel pour garantir la qualité des diplômes et favoriser la mobilité des professionnels de santé au sein de l’espace CEDEAO.

Le représentant du ministre a également réaffirmé l’engagement du Gouvernement béninois à accompagner la mise en œuvre des recommandations issues des travaux. « Investir dans la formation en santé, c’est investir dans la vie et dans l’avenir de nos nations », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de bâtir un savoir fiable, reconnu et compétitif au-delà des frontières nationales.

Pour sa part, le Directeur Général de l’OOAS, Dr Melchior Athanase J. C. Aïssi, a replacé l’atelier dans une perspective historique et stratégique, en évoquant la Déclaration d’Alma-Ata et l’objectif toujours d’actualité de la santé pour tous. Il a dressé un constat sans complaisance des défis persistants dans la région, notamment l’insuffisance des ressources humaines en santé, leur mauvaise répartition géographique et leur faible motivation, facteurs qui alimentent la migration externe des professionnels qualifiés.

Dr Aïssi a rappelé que des agents de santé bien formés et valorisés constituent la pierre angulaire de systèmes de santé performants. Il a mis en lumière les actions déjà engagées par l’OOAS, telles que l’harmonisation des curricula, l’élaboration de modules communs, le renforcement des capacités, la cartographie des besoins en personnel, la promotion de la formation continue et le plaidoyer pour l’amélioration des conditions de travail. Il a enfin lancé un appel à une coopération renforcée entre les États membres, les institutions de formation et les partenaires techniques et financiers.

Plusieurs personnalités de premier plan ont également pris part aux échanges, parmi lesquelles Dr Joan H. E. E. Shepherd, Présidente du West African Postgraduate College of Nurses and Midwives et représentante de la Sierra Leone, pays assurant la présidence de la CEDEAO ; le Professeur Ulrich Bidossessi Vodouhe, Vice-doyen de la Faculté des Sciences de la Santé de Cotonou, représentant les doyens ; le Professeur Fredrick Ugwumba, Secrétaire général du West African College of Surgeons ; ainsi que le Professeur Agnon A. Koffi Balogou, Président du Conseil régional de la formation des professionnels de la santé.

À l’issue de cet atelier, les experts devront proposer des critères actualisés, robustes et adaptés aux réalités régionales. L’ambition affichée est claire : bâtir un système de formation en sciences de la santé solide, harmonisé et reconnu à l’échelle de la CEDEAO, afin de garantir des soins de qualité et durables aux populations ouest-africaines.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici