Par René DOKOU, le 23 Mai 2025
(IMPARTIAL ACTU)- Ce vendredi, la ville de Kpalimé a accueilli le lancement officiel de la 8e édition de la campagne nationale de distribution de jeunes plants de caféiers et cacaoyers, une initiative ambitieuse visant à redynamiser deux des principales filières agricoles du pays.
Organisée par l’ONG Avenir De l’Environnement (ADE), en partenariat avec le Comité de Coordination pour les Filières Café et Cacao (CCFCC), dirigé par Enselme Gouthon, cette opération marque une étape clé dans la relance de l’agriculture togolaise.
Le Togo, bien que reconnu pour la qualité de son café et de son cacao sur les marchés internationaux, reste un acteur modeste dans ces filières. En 2023, le pays n’a exporté que 2 500 tonnes de café et 9 000 tonnes de cacao. Des chiffres en nette diminution par rapport aux décennies précédentes, symptomatiques d’un déclin structurel préoccupant.
Deux facteurs majeurs expliquent cette chute : le vieillissement généralisé des vergers, dont le renouvellement est resté à l’arrêt pendant plusieurs décennies, et le désintérêt croissant de la jeunesse togolaise pour l’agriculture. Cette situation a engendré une baisse de productivité et une fragilisation de la main-d’œuvre agricole, aujourd’hui vieillissante.
Face à cette crise, la campagne lancée à Kpalimé propose une réponse concrète : la distribution massive de jeunes plants sélectionnés pour leur qualité et leur résilience. Cette opération vise à reconstituer les vergers, à initier un nouveau cycle de production durable et à renforcer la compétitivité du secteur sur le long terme.
Le choix de la région des Plateaux, et en particulier de Kpalimé, pour donner le coup d’envoi de cette campagne, n’est pas fortuit. Cette zone reste la plus propice à la culture du café et du cacao, en raison de son climat favorable et de son potentiel agronomique. En relançant la production à partir de cette région stratégique, les organisateurs espèrent impulser une dynamique nationale.
L’ambition ne se limite pas à la relance technique des plantations. Le projet s’inscrit également dans une perspective plus large de restructuration de la chaîne de valeur, intégrant les principes de durabilité, d’agroforesterie et de création d’emplois ruraux. Il s’agit ainsi de transformer la filière en levier de développement économique et social, au bénéfice des petits producteurs et des communautés rurales.
Le CCFCC et ses partenaires entendent également revaloriser l’image du secteur auprès des jeunes Togolais, trop souvent tentés par l’exode rural ou le chômage urbain. La professionnalisation du métier d’agriculteur, le renforcement des capacités techniques et un meilleur accès aux marchés régionaux et internationaux sont au cœur de cette stratégie.
Mais le succès de cette relance dépendra fortement de la mise en place d’un dispositif d’accompagnement solide : encadrement technique, appui institutionnel, financement durable et suivi des plantations seront indispensables pour garantir l’atteinte des objectifs.
En relançant ces filières, le Togo ne cherche pas seulement à reconquérir des parts de marché perdues, mais aussi à renforcer la sécurité alimentaire, améliorer les revenus des agriculteurs, et lutter efficacement contre la pauvreté rurale. Dans un contexte de changements climatiques et de pressions économiques croissantes, cette campagne représente un signal fort pour l’avenir de l’agriculture togolaise.
Kpalimé devient ainsi, le temps d’un lancement, le symbole d’une volonté nationale : celle de redonner vie à un secteur porteur, en conciliant tradition agricole et innovation durable.
















