Par René DOKOU, le 14 Février 2026
(IMPARTIAL ACTU)- Le Togo a officiellement pris, vendredi, la présidence du Conseil des ministres de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA), confirmant son engagement constant en faveur de l’intégration juridique et économique du continent. La cérémonie de passation de charges avec le Tchad marque l’ouverture d’un nouveau cycle pour l’institution, dans un contexte où la sécurisation des investissements et l’attractivité des économies africaines demeurent des priorités majeures.
Une présidence stratégique pour l’intégration juridique africaine
À la tête du Conseil des ministres, le garde des Sceaux, ministre de la Justice, Pacôme Adjourouvi, aura la responsabilité de piloter les orientations stratégiques de l’organisation. Il sera épaulé par le ministre de l’Économie et des Finances, Essowè Georges Barcola, présent lors de la transmission officielle de la présidence.
Un levier d’intégration et de sécurité juridique
Créée pour harmoniser le droit des affaires en Afrique, l’OHADA regroupe 17 États membres autour d’un objectif commun : instaurer un environnement juridique stable, prévisible et attractif. À travers ses Actes uniformes, directement applicables dans l’ensemble des pays membres, l’organisation a profondément transformé les cadres normatifs nationaux.
Ces textes couvrent des domaines essentiels tels que le droit commercial général, le droit des sociétés, les sûretés ou encore les procédures collectives. Leur mise en œuvre contribue à sécuriser les transactions, à réduire les risques juridiques et à faciliter la création et le développement des entreprises.
Dans un continent confronté à des défis structurels en matière de financement, d’industrialisation et de compétitivité, l’OHADA s’impose comme un instrument stratégique. Elle offre un socle juridique commun, indispensable à l’intégration économique régionale et à la consolidation d’un marché africain plus cohérent.
Le Togo, acteur historique de l’OHADA
Membre fondateur de l’organisation, le Togo n’a cessé d’occuper une place centrale dans son évolution institutionnelle. La capitale, Lomé, a accueilli en 2010 l’adoption de textes majeurs relatifs au droit commercial général, aux sûretés et aux sociétés coopératives, renforçant ainsi la modernisation du droit des affaires dans l’espace OHADA.
Au-delà de ces avancées normatives, Lomé a également été le théâtre de décisions structurantes pour la gouvernance de l’organisation, notamment l’adoption du règlement financier des institutions et la création d’instances techniques déterminantes pour son fonctionnement.
Cette implication constante confère au Togo une légitimité particulière à la tête du Conseil des ministres. Elle traduit aussi une volonté politique affirmée de faire du droit un levier de transformation économique.
Une présidence sous le signe de l’attractivité
Lors de la cérémonie de prise de fonctions, Pacôme Adjourouvi a souligné l’ambition du Togo de mettre cette présidence au service du renforcement de l’attractivité économique des États membres. Sous l’impulsion du président du Conseil, Faure Gnassingbé, le pays entend consolider la sécurité juridique, stimuler les investissements et promouvoir une plus grande cohérence normative au sein de l’espace communautaire.
Pour les autorités togolaises, la stabilité du cadre juridique constitue un préalable indispensable à la mobilisation des capitaux, au développement du secteur privé et à l’émergence d’un tissu entrepreneurial dynamique. La présidence du Conseil des ministres offre ainsi une plateforme stratégique pour porter des réformes adaptées aux réalités économiques actuelles.
Dans un environnement international marqué par la concurrence accrue des zones économiques et la recherche de destinations d’investissement fiables, l’OHADA représente un avantage comparatif pour ses États membres. Le défi pour la nouvelle présidence sera d’approfondir les mécanismes d’application des textes, d’améliorer leur appropriation par les acteurs économiques et de renforcer la crédibilité institutionnelle de l’organisation.
L’OHADA, pilier de la souveraineté économique africaine
Plus de trois décennies après sa création, l’OHADA demeure un modèle d’intégration juridique sur le continent. Son architecture institutionnelle et son corpus normatif commun illustrent la capacité des États africains à mutualiser leurs efforts pour bâtir un espace économique plus stable et plus compétitif.
En prenant les rênes du Conseil des ministres, le Togo hérite d’une responsabilité majeure : consolider les acquis, impulser de nouvelles dynamiques et accompagner les mutations économiques en cours. Cette présidence intervient à un moment charnière, où la transformation structurelle des économies africaines exige des cadres juridiques modernes, efficaces et harmonisés.
Au-delà de la symbolique, la nouvelle étape qui s’ouvre pour l’OHADA pourrait renforcer son rôle de catalyseur de croissance et de garant de la sécurité juridique. Pour le Togo, il s’agit d’une opportunité de confirmer son leadership régional et de contribuer activement à la construction d’un espace africain fondé sur la confiance, la transparence et la prévisibilité du droit des affaires.
















