Par René DOKOU, le 26 Février 2026
(IMPARTIAL ACTU)-À Notsè, ville située à près de 95 kilomètres au nord de Lomé, l’Instance de Protection des Données à Caractère Personnel (IPDCP) a réuni, le 24 février 2026, une cinquantaine de professionnels des médias autour d’une session d’information et de sensibilisation consacrée à la protection des données personnelles.
Organisée en partenariat avec la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), cette rencontre s’inscrit dans la deuxième phase d’un vaste programme national d’accompagnement du secteur médiatique face aux défis du numérique.
À l’ouverture des travaux, le président de l’IPDCP, représenté par son conseiller technique Awui Talla Hervé, a salué l’engagement de la HAAC, dont la disponibilité et l’esprit de collaboration ont été déterminants pour la tenue de l’activité. Il a rappelé que cette initiative s’aligne sur la vision du Chef de l’État, Faure Essozimna Gnassingbé, Président du Conseil, qui ambitionne de bâtir une nation résolument tournée vers l’innovation, le numérique responsable et la protection effective des droits des citoyens à l’ère digitale.
Les médias, acteurs centraux de la protection des données
Au cœur des échanges, un constat : les médias ne sont pas de simples vecteurs d’information. Dans l’exercice quotidien de leur métier, les journalistes collectent, traitent et diffusent une diversité de données à caractère personnel. Identités, images, voix, informations judiciaires, coordonnées de sources, données sensibles ou biométriques — chaque contenu publié engage leur responsabilité.
L’IPDCP a ainsi insisté sur la nécessité d’une maîtrise rigoureuse du cadre juridique national en matière de protection des données. L’objectif est double : renforcer la compréhension des obligations légales et promouvoir des pratiques professionnelles plus responsables.
À l’heure où la circulation de l’information est instantanée et virale, la moindre négligence peut porter atteinte à la vie privée, à la réputation ou à la sécurité des personnes concernées. Pour les organisateurs, la protection des données n’est plus une question périphérique : elle constitue un enjeu central du journalisme contemporain.
Trois responsabilités stratégiques
Au fil des communications, trois rôles majeurs ont été assignés aux professionnels des médias.
D’abord, un rôle pédagogique. Les journalistes disposent d’une capacité d’influence unique pour sensibiliser le public aux risques liés au numérique. Arnaques en ligne, usurpations d’identité, cyberviolences, exploitation abusive d’informations personnelles : autant de dérives que la presse peut contribuer à prévenir par une information claire et documentée.
Ensuite, un rôle de vigie. Par leurs investigations, les médias participent à la révélation d’abus ou de violations susceptibles de porter atteinte aux droits fondamentaux. Dans ce contexte, la connaissance des principes de légalité, de proportionnalité et de finalité du traitement des données devient un levier essentiel pour concilier liberté de la presse et respect de la vie privée.
Enfin, un rôle d’exemplarité. L’IPDCP a invité les journalistes à adopter des pratiques irréprochables : floutage systématique des mineurs et des victimes, anonymisation des témoignages sensibles, vérification du consentement avant toute diffusion, traitement loyal des informations et sécurisation des données au sein des rédactions. L’exemplarité, ont souligné les intervenants, conditionne la crédibilité des médias et la confiance du public.
Vers une culture nationale de la conformité
Cette session de Notsè marque la deuxième vague de formations déployées dans le cadre du programme national. L’IPDCP entend étendre progressivement ces initiatives à l’ensemble du territoire afin d’ancrer une véritable culture de conformité au sein des rédactions.
Le représentant du président de l’institution a insisté sur un point majeur : la protection des données personnelles ne relève pas seulement d’une obligation légale. Elle constitue un impératif éthique, un facteur de confiance et un pilier de la sécurité ainsi que de la souveraineté numérique.
Les participants ont été invités à partager leurs expériences et les difficultés rencontrées dans leur pratique quotidienne. L’IPDCP a réaffirmé sa disponibilité pour accompagner les médias dans l’appropriation des textes en vigueur et l’amélioration continue de leurs pratiques.
De son côté, Yao Abarim, directeur de cabinet du président de la HAAC, a salué la mobilisation des journalistes. Il a plaidé pour un renforcement durable de la collaboration entre la HAAC, l’IPDCP et les organes de presse, afin d’assurer une meilleure diffusion et une application effective des normes relatives à la protection des données.
À Notsè, le message est clair : à l’ère numérique, le journalisme responsable passe aussi par la maîtrise et la défense des droits liés aux données personnelles.
















