Par René DOKOU, le 08 Octobre 2025
(IMPARTIAL ACTU)- L’ouverture solennelle de la deuxième session ordinaire de l’année à l’Assemblée nationale a pris, cette année, des accents de mise en garde. En présidant la cérémonie, Monsieur Sevon-Tépé Kodjo Adédzé, Président de l’Assemblée nationale, a placé la lutte contre la désinformation au cœur de son discours, soulignant les dangers croissants que les réseaux sociaux font peser sur la stabilité nationale.
Sous les ors de l’hémicycle, en présence du Président du Sénat, S.E.M. Barry Moussa Barqué, et du ministre des Droits de l’Homme, Pacôme Yawovi Adjourouvi, la reprise des travaux parlementaires s’est ouverte dans une ambiance solennelle, rythmée par l’hymne national Terre de nos aïeux. Mais derrière le cérémonial républicain, le ton s’est voulu ferme et lucide : la démocratie togolaise doit apprendre à se défendre dans l’ère du numérique.
« Il nous faut faire face à une réalité préoccupante. Les spectres de la désinformation et de la manipulation ressurgissent, malheureusement. Pendant que certains s’en amusent, d’honnêtes citoyens mesurent la facture de l’instabilité socio-économique », a averti le Président de l’Assemblée.
Réseaux sociaux : miroir déformant de la vie publique
Sans jamais nommer explicitement les plateformes concernées, le Président Adédzé a dénoncé les dérives d’un espace numérique souvent livré à la rumeur et à la manipulation, rappelant que les fausses informations fragilisent le tissu social et peuvent saper les efforts de développement du pays.
Un message qui résonne à l’heure où, sur les réseaux sociaux, la parole politique est parfois concurrencée — voire détournée — par des narratifs approximatifs, parfois malveillants.
Le chef du Parlement a ainsi invité les citoyens à « réfléchir sérieusement à leurs responsabilités numériques » et les acteurs politiques à faire preuve de retenue et de pédagogie dans leurs communications en ligne.
Un appel à une citoyenneté numérique éclairée, dans un monde où les frontières entre liberté d’expression et manipulation s’effacent de plus en plus.
Une session placée sous le signe du réalisme et de la responsabilité
Conformément à l’article 12 de la Constitution de la Ve République, cette deuxième session ordinaire de l’année 2025 s’ouvre sur un agenda dense : l’examen du budget 2026, des séminaires thématiques sur la gouvernance publique, et des discussions axées sur la transparence et la performance économique.
Le Président Adédzé a insisté sur la nécessité d’« investir intelligemment dans les secteurs stratégiques », tout en veillant à une gestion rigoureuse des finances publiques.
Les députés, nombreux à arborer des tenues traditionnelles en hommage au mois du consommer local, ont affiché l’image d’un Parlement soucieux de ses racines autant que de son avenir.
Mais le message présidentiel a dépassé le cadre institutionnel : il s’est voulu une leçon de civisme à l’ère numérique, un plaidoyer pour la vérité dans un océan d’opinions.
La stabilité, socle de la modernité
En saluant la résilience du Togo dans un contexte mondial incertain, le Président de l’Assemblée nationale a également rendu hommage au Président du Conseil, S.E.M. Faure Essozimna Gnassingbé, pour « son engagement en faveur de la stabilité et du bien-être des citoyens ».
Il a appelé les élus à demeurer des bâtisseurs de confiance, garants d’un dialogue politique apaisé et respectueux de la vérité.
« La politique publique, au fond, c’est cela : donner sa chance à chacun », a-t-il conclu, citant les paroles d’une mère togolaise rencontrée sur le terrain.
En filigrane, le message est clair : la stabilité politique et la dignité des citoyens passent désormais aussi par la qualité de l’information. Et c’est sur les réseaux sociaux, ce nouveau forum du peuple, que se joue désormais une partie essentielle du destin démocratique togolais.
















