Par René DOKOU, le 24 Mars 2026
(IMPARTIAL ACTU)- La première session extraordinaire de l’année 2026 s’est officiellement achevée le lundi 23 mars, après quatre semaines d’intenses travaux parlementaires. Ouverte le 24 février à la demande du chef de l’exécutif, conformément aux dispositions constitutionnelles, cette session aura été marquée par une forte mobilisation des députés et une collaboration soutenue avec le gouvernement.
Une session extraordinaire dense et productive
Au total, sept projets de loi d’envergure ont été adoptés, traduisant une volonté politique claire d’accélérer les réformes structurelles dans des secteurs jugés stratégiques. Sécurité, énergie, économie et environnement ont constitué les principaux axes de cette séquence législative.
Sécurité : prorogation de l’état d’urgence
Face aux défis persistants dans la région des Savanes, les députés ont autorisé la prorogation de l’état d’urgence pour une durée de douze mois. Cette décision vise à renforcer les capacités opérationnelles des forces de défense et de sécurité, tout en assurant une meilleure protection des populations civiles. Elle s’inscrit dans une logique de continuité des mesures engagées pour stabiliser cette zone sensible.
Énergie : vers une souveraineté renforcée
Dans le secteur énergétique, l’actualisation du cadre réglementaire du gazoduc ouest-africain constitue l’une des avancées majeures de la session. Cette réforme vise à consolider l’indépendance énergétique du pays et à sécuriser l’approvisionnement en ressources stratégiques, dans un contexte régional marqué par des enjeux croissants autour de l’énergie.
Économie et finances : assainissement du système
Sur le plan économique, plusieurs textes ont été adoptés pour renforcer la transparence et la crédibilité du système financier. La lutte contre le blanchiment de capitaux et la répression du faux-monnayage au sein de l’espace UEMOA figurent parmi les priorités. Ces mesures traduisent un engagement ferme des autorités à préserver l’intégrité du système monétaire et à se conformer aux standards internationaux.
Entrepreneuriat : un nouvel élan pour les jeunes et les femmes
La session a également permis d’introduire des réformes en faveur de l’économie nationale, avec un accent particulier sur l’entrepreneuriat. Le transfert des missions du FAIEJ à l’ADTPME ainsi que la réglementation du secteur de la microfinance visent à améliorer l’accès au financement et à encourager l’initiative privée. Ces dispositions ciblent notamment les jeunes et les femmes, considérés comme des acteurs clés du développement.
Environnement : adaptation aux défis climatiques
La modernisation du cadre législatif environnemental a constitué un autre temps fort. Les nouvelles dispositions adoptées visent à mieux répondre aux défis liés au changement climatique et à la dégradation des écosystèmes. Elles confirment l’engagement du pays en faveur d’un développement durable et d’une gestion plus responsable des ressources naturelles.
Un appel à la synergie institutionnelle
Dans son discours de clôture, le Président de l’Assemblée nationale, le Professeur Komi Selom Klassou, a salué la qualité du travail accompli et l’esprit de collaboration ayant prévalu tout au long de la session. Il a insisté sur la nécessité d’une action concertée entre les institutions, rappelant que les réformes adoptées ne peuvent produire leurs effets que dans une dynamique collective.
Rendant hommage au Président du Conseil, à l’origine de la convocation de cette session extraordinaire, il a souligné le rôle déterminant de l’exécutif dans l’impulsion des réformes et la consolidation du dialogue institutionnel.
Prochaines échéances en vue
Au terme de cette session, les regards se tournent désormais vers l’ouverture de la première session ordinaire, prévue le 7 avril 2026. Celle-ci coïncidera avec l’organisation à Lomé d’un événement d’envergure internationale : la 17ᵉ Conférence des présidents d’Assemblée et de section de la région Afrique de la Francophonie.
Une échéance qui devrait offrir une nouvelle tribune pour affirmer le rôle du Parlement dans la dynamique démocratique et institutionnelle du pays.
















