Par René DOKOU, le 12 Janvier 2026
(IMPARTIAL ACTU)- Alors que la période est traditionnellement marquée par la sécheresse et la poussière de l’harmattan, plusieurs localités du pays continuent d’enregistrer des pluies inhabituelles. Une situation qui surprend et inquiète le monde paysan, habitué à un cycle climatique bien différent à cette période de l’année.
Selon l’Agence nationale de la météorologie (ANAMET), ces précipitations observées en plein cœur de la saison sèche relèvent de pluies dites hors saison. Elles s’expliquent par une configuration atmosphérique particulière, dominée par la persistance des vents humides du sud, communément appelés la mousson. Ces vents ralentissent, voire empêchent, la descente de l’harmattan, vent sec en provenance du nord.
Pour le directeur général de l’ANAMET, le Dr Issaou Latifou, ce phénomène ne constitue en aucun cas une anomalie climatique.
« Ce n’est pas une anomalie. Il y a toujours les vents du sud (la mousson) qui entraînent ces pluies par endroit, hors saison, et qui empêchent la descente de l’harmattan, ce vent du nord », a-t-il expliqué au micro de Agridigitale.
L’expert souligne par ailleurs que l’harmattan ne couvre pas uniformément l’ensemble du territoire national. Il reste généralement cantonné aux régions septentrionales.
« L’harmattan n’est présent que dans la région des savanes et une partie de la région de la Kara. Comme d’habitude, cette année également, les régions des plateaux et la région maritime n’ont pas encore ce vent. C’est cette situation qui explique les pluies enregistrées depuis décembre et qui se poursuivent actuellement », précise-t-il.
Les spécialistes rappellent que les interactions entre vents dominants, pressions atmosphériques et températures océaniques varient d’une année à l’autre, rendant certains phénomènes difficiles à anticiper avec précision. Toutefois, les tendances actuelles laissent peu d’espoir quant à une installation durable de l’harmattan dans les régions méridionales.
« Même s’il devait apparaître, ce serait pour une très courte durée, car le front intertropical remonterait aussitôt. Ce sont des phénomènes naturels difficilement prévisibles. Mais au vu des analyses disponibles, il serait difficile que l’harmattan atteigne cette année les régions des plateaux et maritimes », conclut le Dr Issaou Latifou.
En attendant, ces pluies inattendues continuent de modifier les repères saisonniers et appellent à une adaptation accrue des acteurs du monde rural face à une variabilité climatique de plus en plus marquée
















