Togo : les missions du FAIEJ transférées à l’ADTPME

0
113

Par René DOKOU, le 06 Mars 2026

(IMPARTIAL ACTU)- L’Assemblée nationale togolaise a franchi une nouvelle étape dans la réforme des dispositifs d’appui à l’entrepreneuriat. Réunis en séance plénière le jeudi 5 mars 2026, les députés ont adopté à l’unanimité le projet de loi portant transfert des missions, du personnel et du patrimoine du Fonds d’appui aux initiatives économiques des jeunes (FAIEJ) à l’Agence de développement des très petites, petites et moyennes entreprises (ADTPME).

La séance a été présidée par le président de l’Assemblée nationale, le professeur Komi Selom Klassou, en présence du ministre des Relations avec le Parlement et les Institutions, Gilbert Bawara, et de la ministre du Développement à la base et de l’Économie sociale et solidaire, Mazamesso Assih. Le texte adopté s’inscrit dans une dynamique de modernisation des mécanismes publics de soutien à l’entrepreneuriat et à l’emploi des jeunes au Togo.

Créé par la loi n°2006-008 du 14 novembre 2006, le FAIEJ avait pour vocation de promouvoir les initiatives économiques portées par les jeunes. Sa mission consistait notamment à faciliter l’accès au financement, à offrir un accompagnement technique et à renforcer les capacités entrepreneuriales des jeunes porteurs de projets. Pendant plusieurs années, le fonds a joué un rôle clé dans l’émergence d’activités génératrices de revenus et dans la promotion de l’auto-emploi chez les jeunes togolais.

Le bilan dressé après plus d’une décennie de fonctionnement met en évidence des résultats notables, mais jugés encore insuffisants au regard des ambitions nationales en matière d’emploi et de développement économique. Selon les données présentées devant les députés, le FAIEJ a mobilisé environ 3,57 milliards de francs CFA pour financer 5 370 jeunes entrepreneurs. Le taux de remboursement des crédits accordés s’établit à 61,30 %, un niveau considéré comme perfectible par les autorités publiques.

Face à ces résultats et dans un souci d’amélioration de l’efficacité des dispositifs existants, le gouvernement a engagé une réforme structurelle visant à rationaliser les mécanismes d’appui aux entreprises. L’objectif est de regrouper les différents instruments d’accompagnement dans un cadre institutionnel unique, afin d’éviter les chevauchements et de renforcer l’impact des politiques publiques.

Dans cette perspective, l’ADTPME est appelée à devenir le guichet central de l’accompagnement des entrepreneurs togolais. Dotée d’un mandat élargi couvrant l’ensemble des très petites, petites et moyennes entreprises (TPME), l’agence a pour mission de soutenir la création, la structuration et le développement des entreprises, tout en facilitant leur accès aux financements et aux marchés.

Le transfert des missions du FAIEJ vers l’ADTPME devrait permettre une meilleure coordination des interventions publiques en faveur de l’entrepreneuriat. Les autorités misent également sur une optimisation des ressources humaines, financières et logistiques, ainsi que sur une pérennisation des mécanismes de financement destinés aux jeunes entrepreneurs.

Concrètement, l’ensemble du personnel, des actifs et des engagements du FAIEJ sera intégré à l’ADTPME. Cette intégration vise à garantir la continuité des services et à sécuriser les emplois existants, tout en renforçant la capacité opérationnelle de l’agence.

Pour les parlementaires de la majorité, cette réforme répond à une nécessité économique. Le président du groupe parlementaire Union pour la République (UNIR), l’honorable Atcholi Aklesso, a rappelé que les TPME constituent l’ossature du tissu économique national. Selon lui, ces entreprises représentent plus de 80 % des structures économiques du pays et jouent un rôle déterminant dans l’innovation, la création d’emplois et la dynamisation des économies locales.

« Le transfert des missions du FAIEJ à l’ADTPME répond à un impératif de cohérence et d’efficacité dans l’action publique », a-t-il affirmé devant l’hémicycle, invitant les députés de son groupe à soutenir le texte.

Le vote favorable et unanime des députés présents marque ainsi un signal fort en faveur de la transformation du dispositif national d’appui aux entreprises.

Du côté du gouvernement, la réforme est présentée comme une étape stratégique dans la modernisation de l’écosystème entrepreneurial togolais. La ministre du Développement à la base et de l’Économie sociale et solidaire, Mazamesso Assih, a souligné que le transfert ne se limite pas à un simple réaménagement administratif.

« Cette réforme traduit la volonté du gouvernement de moderniser les instruments de soutien à l’économie et de renforcer les politiques d’emploi des jeunes », a-t-elle déclaré. Elle a également insisté sur le fait que le transfert des actifs et des passifs du FAIEJ permettra d’assurer une transition opérationnelle fluide tout en garantissant la sauvegarde des emplois liés au dispositif.

Pour le président de l’Assemblée nationale, Komi Selom Klassou, cette initiative s’inscrit dans la vision stratégique des autorités togolaises visant à bâtir un environnement entrepreneurial plus solide et plus performant.

Selon lui, la réforme engagée sous l’impulsion des plus hautes autorités du pays vise à renforcer l’écosystème entrepreneurial national, à soutenir davantage l’innovation et à consolider le secteur privé comme moteur essentiel de la croissance et de la création d’emplois.

Avec cette nouvelle architecture institutionnelle, les autorités togolaises espèrent offrir aux porteurs de projets un accompagnement plus structuré et plus efficace, capable de stimuler durablement la création d’entreprises et de contribuer à la transformation économique du pays.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici