Par René DOKOU, le 24 Février 2026
(IMPARTIAL ACTU)- Le Togo avance bien dans la modernisation de son système de santé. Mardi 24 février 2026, au Centre hospitalier universitaire Sylvanus Olympio (CHU-SO) de Lomé, le ministre délégué auprès du ministre chargé de la Santé, Professeur Tchin Darre, a procédé au lancement officiel de la réforme d’harmonisation du code vestimentaire du personnel des formations sanitaires publiques. Il représentait, pour l’occasion, le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique, de la Couverture sanitaire universelle et des Assurances, Jean-Marie Koffi Ewonoulé Tessi.
Un tournant organisationnel pour le système de santé
La cérémonie, marquée par la remise solennelle des nouvelles tenues professionnelles, s’est déroulée en présence des autorités hospitalières, administratives et locales, ainsi que des membres du corps médical. Au-delà de l’apparat protocolaire, l’événement consacre une réforme structurelle qui entend renforcer la lisibilité, l’efficacité et la qualité des soins sur l’ensemble du territoire national.
Des uniformes pensés pour l’exigence hospitalière
Blouses à manches courtes et longues, pantalons et tuniques : les nouvelles tenues ont été spécialement conçues pour répondre aux contraintes du milieu hospitalier. Confort, résistance, professionnalisme et sécurité sanitaire constituent les quatre piliers techniques du dispositif.
Selon Dominique Zotoglo, directeur général de BENART AFRIQUE, l’entreprise en charge de la production, le textile utilisé bénéficie d’un traitement antibactérien spécifique destiné à limiter la prolifération microbienne. Un choix technique qui vise à renforcer la protection du personnel et à contribuer à la maîtrise des risques infectieux en milieu de soins.
Chaque coupe, chaque couture, chaque détail a été étudié pour faciliter les gestes médicaux, assurer la durabilité des vêtements face aux lavages fréquents et garantir une présentation soignée et harmonisée. L’objectif est clair : concilier fonctionnalité, hygiène et image professionnelle.
Production locale et industrialisation nationale
La réforme vestimentaire s’inscrit également dans une dynamique économique. Les uniformes sont intégralement fabriqués au Togo, sur le site industriel de Datcha, anciennement Togotex. Ce choix stratégique traduit la volonté des autorités de soutenir la transformation industrielle nationale et de consolider les emplois locaux.
À Datcha, des techniciens et ouvriers togolais, formés et qualifiés, assurent la production. Pour BENART AFRIQUE, chaque uniforme livré représente bien plus qu’un simple équipement : c’est un emploi maintenu, une compétence valorisée et une valeur ajoutée créée sur le territoire national.
Le maintien des commandes publiques au profit de la production locale participe ainsi à la stabilisation sociale et économique. Au-delà des opportunités générées, il s’agit de consolider durablement les emplois existants et de renforcer la compétitivité du savoir-faire textile togolais.
Une réponse à un diagnostic de terrain
Dans son allocution de lancement, le Professeur Tchin Darre a tenu à souligner la portée stratégique de l’initiative. « L’acte posé ce jour ne saurait être réduit à une simple dotation en équipements vestimentaires », a-t-il affirmé. La réforme s’inscrit dans une démarche structurante visant à améliorer l’organisation des services de santé et à rehausser durablement la qualité de l’offre de soins.
Les observations de terrain ont en effet révélé une difficulté récurrente : dans des contextes d’urgence ou de vulnérabilité, les patients peinent parfois à identifier clairement les professionnels habilités à assurer leur prise en charge. L’absence de distinction visuelle nette entre les différentes catégories de personnel peut générer des confusions, retarder l’orientation et altérer l’expérience des usagers.
Ces dysfonctionnements, bien que parfois perçus comme mineurs, ont un impact tangible sur l’efficacité globale des services hospitaliers. La réforme vise donc à corriger ces insuffisances par l’instauration d’un code vestimentaire national fondé sur un système de couleurs permettant une identification immédiate des catégories professionnelles.
Trois objectifs structurants
La réforme poursuit trois objectifs complémentaires. Le premier consiste à harmoniser le code vestimentaire sur l’ensemble du territoire, afin d’assurer une cohérence organisationnelle entre les différentes formations sanitaires publiques.
Le deuxième vise à faciliter l’identification claire et sans équivoque des personnels par les patients et leurs accompagnants. En améliorant la lisibilité des fonctions, les autorités entendent fluidifier le parcours de soins, réduire les temps d’orientation et renforcer la confiance des usagers envers le système de santé.
Enfin, la réforme participe à l’encadrement des pratiques professionnelles. En structurant visuellement les responsabilités, elle contribue à prévenir les dérives et à améliorer la gestion des plaintes et signalements. La mise en place d’une ligne verte dédiée s’inscrit dans cette logique de transparence et de redevabilité.
Une vision politique assumée
L’initiative s’inscrit dans la vision du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, qui ambitionne de bâtir un système de santé performant, inclusif et accessible à tous. En intégrant la production locale des tenues à la réforme sanitaire, le gouvernement articule politique de santé publique et stratégie d’industrialisation.
La mise en œuvre du nouveau code vestimentaire tient compte des spécificités du système national de santé, des pratiques existantes et des attentes des usagers. Elle traduit une approche pragmatique : améliorer l’organisation interne des structures tout en renforçant la confiance des populations.
En harmonisant l’apparence des professionnels de santé, le Togo engage ainsi une réforme à la fois symbolique et opérationnelle. Symbolique, parce qu’elle redéfinit l’image du service public hospitalier ; opérationnelle, parce qu’elle entend améliorer concrètement l’expérience des patients et l’efficacité des équipes soignantes.
Au-delà des uniformes, c’est une nouvelle culture de service qui se dessine : plus lisible, plus structurée et résolument tournée vers la qualité.
















