Par René DOKOU, le 06 Mars 2026
(IMPARTIAL ACTU)- À l’approche de la grande saison pluvieuse, les autorités météorologiques appellent à la prudence. L’Agence nationale de la météorologie du Togo a dévoilé, jeudi à Lomé, les perspectives climatiques pour la période de mars à juin 2026 dans la partie méridionale du pays. Si les précipitations devraient globalement rester dans les normes saisonnières, les experts mettent en garde contre d’éventuels épisodes de pluies intenses susceptibles d’engendrer des inondations.
Des prévisions globalement rassurantes
Lors d’un point de presse organisé à Lomé, les responsables de Agence Nationale de la Météorologie (ANAMET) ont présenté les grandes tendances agro-hydro-climatiques attendues pour les prochains mois. L’objectif de cette rencontre était d’informer les professionnels des médias, les décideurs publics ainsi que les acteurs du monde rural sur l’évolution probable de la saison des pluies dans le sud du pays.
Selon le directeur général de l’ANAMET, Issaou Latifou, les analyses climatiques indiquent une situation pluviométrique globalement conforme aux moyennes saisonnières. Les régions Maritime et des Plateaux devraient enregistrer des cumuls de pluie proches de la normale au cours du trimestre mars-avril-mai.
La tendance pourrait ensuite évoluer vers des niveaux légèrement excédentaires durant la période avril-mai-juin sur l’ensemble de la zone méridionale du territoire, allant du littoral jusqu’aux environs de Blitta.
Ces projections climatiques ont été élaborées avec l’appui du programme régional Fonds de Résilience du Système Alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP-Togo), dans le cadre des efforts visant à renforcer la résilience des systèmes agricoles face aux aléas climatiques.
Des épisodes pluvieux potentiellement intenses
Malgré ces perspectives jugées globalement favorables, les météorologues appellent à la vigilance. Le caractère « normal » d’une saison pluviométrique ne signifie pas l’absence d’événements extrêmes.
Les spécialistes rappellent que des pluies abondantes et localisées peuvent survenir, entraînant des crues soudaines, notamment dans les zones à forte densité hydrologique ou dans les bassins versants déjà fragilisés.
Les experts estiment par ailleurs que les cumuls pluviométriques de 2026 pourraient être légèrement supérieurs à ceux enregistrés en 2025. L’année précédente avait en effet été marquée par un déficit relatif par rapport à la moyenne observée sur les trente dernières années.
Dans ce contexte, les autorités encouragent les populations à rester attentives aux bulletins météorologiques et aux alertes diffusées au cours de la saison.
Un démarrage agricole inégal selon les régions
Les perspectives agrométéorologiques constituent un indicateur essentiel pour les agriculteurs du sud du Togo, dont les activités dépendent étroitement du calendrier des pluies.
D’après les prévisions de l’ANAMET, la saison agricole pourrait débuter de manière précoce à normale dans la région Maritime. En revanche, dans la région des Plateaux, le démarrage des pluies pourrait être normal à légèrement tardif.
Quant à la fin de la saison culturale, elle devrait intervenir dans des délais allant de précoces à normaux dans ces deux zones.
Les spécialistes signalent également la possibilité de séquences sèches en début de saison. Toutefois, ces épisodes devraient rester relativement courts, ce qui limite les risques pour les cultures nouvellement semées. En revanche, des périodes de sécheresse plus longues pourraient apparaître vers la fin du cycle agricole.
Risques hydrologiques à surveiller
Au-delà de l’agriculture, les prévisions concernent également la gestion des ressources hydriques. Dans le bassin inférieur du Mono ainsi que dans le bassin du lac Togo, les écoulements devraient globalement rester dans la normale.
Cependant, les responsables de l’ANAMET mettent en garde contre les effets potentiels de pluies particulièrement intenses. Même dans un contexte hydrologique stable, des précipitations exceptionnelles peuvent provoquer des débordements de cours d’eau et des inondations locales.
« Les populations riveraines doivent rester extrêmement vigilantes. Un écoulement normal n’exclut pas la survenue de pluies fortes pouvant entraîner des débordements », a averti le directeur général de l’agence.
Les zones situées à proximité des cours d’eau, des lagunes et des zones humides figurent parmi les espaces les plus exposés à ces phénomènes.
Recommandations pour limiter les risques
Face à ces perspectives climatiques, les autorités météorologiques formulent plusieurs recommandations à l’attention des populations et du monde agricole.
L’ANAMET encourage d’abord l’utilisation de semences adaptées aux conditions climatiques, notamment des variétés à cycle court et à haut rendement, capables de résister aux variations pluviométriques.
Les agriculteurs sont également invités à privilégier des espèces culturales résilientes aux déficits hydriques afin de limiter les pertes en cas d’irrégularité des pluies.
Sur le plan de l’aménagement du territoire, l’agence insiste sur la nécessité d’éviter l’occupation des zones inondables, que ce soit pour les habitations ou pour les activités agricoles.
La gestion rationnelle de l’eau constitue également un enjeu central. Les exploitants disposant d’aménagements hydro-agricoles sont encouragés à adopter des pratiques de gestion prudente des ressources hydriques.
Une coordination régionale renforcée
Ces prévisions s’inscrivent dans une dynamique régionale de partage d’informations climatiques. Elles prolongent notamment les conclusions du Forum régional de prévision saisonnière du Golfe de Guinée, tenu fin février à Lomé, au cours duquel les experts avaient déjà évoqué la possibilité d’une saison marquée par des pluies irrégulières dans l’ensemble du golfe de Guinée.
Pour les autorités togolaises, l’accès à des données climatiques fiables demeure un outil essentiel pour anticiper les risques, protéger les populations et améliorer la productivité agricole.
L’ANAMET invite enfin les citoyens à suivre régulièrement les bulletins météorologiques quotidiens et les mises à jour intra-saisonnières qui permettront d’affiner ces tendances générales au fil de la saison.
Dans un contexte de variabilité climatique accrue, la prévention et l’anticipation restent les meilleures garanties pour réduire les impacts des aléas météorologiques sur les communautés et les activités économiques.
















