UNREC : 03 Togolais parmi les boursiers africains à la 1ère formation régionale sur le contrôle des armes à Lomé

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Par René DOKOU, le 20 Octobre 2025

(IMPARTIAL ACTU)- Depuis le 20 octobre 2025, Lomé abrite une formation inédite placée sous le sceau de la paix et de la sécurité en Afrique. Dix-neuf experts issus de dix-neuf pays du continent, dont trois Togolais, participent à la première édition du programme de renforcement des capacités sur la mise en œuvre du Programme d’action sur les armes légères (PoA) et de l’Instrument international de traçage (ITI).

Cette initiative est portée par le Bureau des affaires de désarmement des Nations Unies (UNODA) à travers son Centre régional pour la paix et le désarmement en Afrique (UNREC), dont le siège est établi à Lomé. Pendant trois semaines, les boursiers, venus d’horizons militaires, policiers, douaniers et diplomatiques, renforceront leurs connaissances techniques et stratégiques pour faire reculer la prolifération illicite des armes légères sur le continent.

Une première édition ambitieuse

Lancée dans l’enceinte de l’UNREC, cette première session de formation combine apprentissage en ligne et modules présentiels. Elle vise à doter les participants d’outils modernes pour le marquage, l’enregistrement, le traçage et la gestion des stocks d’armes, tout en intégrant des thématiques transversales telles que la promotion du genre, l’engagement des jeunes, la coordination institutionnelle et l’intégration du contrôle des armes dans les cadres de paix et de sécurité.

La cérémonie d’ouverture a été présidée par le général de brigade Mamah Agnidoufey, représentant le Chef d’état-major général des Forces armées togolaises (FAT). Dans son allocution, il a rappelé l’urgence d’une action concertée contre la prolifération des armes sur le continent.

« Les armes ne sont pas un simple instrument de violence. Elles fragilisent et ralentissent la marche vers la paix et la prospérité de nos États », a-t-il souligné, avant d’ajouter :
« En Afrique de l’Ouest, les zones frontalières, côtières, y compris le nord du Togo, subissent une pression croissante liée à la circulation d’armes non contrôlées. Cette réalité exige une approche intégrée liant sécurité, gouvernance et développement. »

Vers une communauté africaine d’experts en désarmement

L’objectif affiché de cette formation va bien au-delà de l’apprentissage technique. Elle ambitionne de bâtir une communauté africaine d’experts et de décideurs engagés dans la maîtrise des armes légères. Grâce à un apprentissage interactif et au partage d’expériences nationales, les boursiers apprendront à identifier les défis communs et à concevoir des stratégies concertées de lutte contre le trafic illicite d’armes.

Pour Anselme Nahmtante Yabouri, directeur de l’UNREC, ce programme représente une étape clé dans la construction d’une réponse africaine coordonnée face aux menaces sécuritaires.

« Nous voulons outiller les participants afin qu’ils comprennent les enjeux du désarmement, qu’ils puissent influencer les négociations internationales et défendre efficacement les intérêts de leurs pays respectifs », a-t-il déclaré.

Le Togo au cœur du dispositif régional

En accueillant cette première cohorte, le Togo confirme son rôle moteur dans les questions de sécurité régionale et de désarmement. Le choix de Lomé pour abriter le programme n’est pas anodin : la capitale togolaise héberge le siège de l’UNREC depuis sa création en 1986 par l’Assemblée générale des Nations Unies. L’institution accompagne depuis près de quatre décennies les pays africains dans leurs initiatives de paix, de limitation des armements et de réforme du secteur de la sécurité.

Les trois boursiers togolais, dont les noms n’ont pas encore été rendus publics, incarnent cette dynamique nationale en faveur d’une Afrique plus sûre. Leur participation à ce programme de haut niveau marque une reconnaissance du rôle croissant du Togo dans les efforts de lutte contre la prolifération des armes et de promotion de la paix durable.

Un engagement pour la paix durable

Au terme de la formation, les dix-neuf boursiers rejoindront un réseau continental d’experts capables de partager des données, de renforcer la coopération transfrontalière et de promouvoir des approches communes face aux trafics illicites.

En misant sur la formation, la coopération et la diplomatie préventive, l’UNREC et l’UNODA rappellent qu’un continent sans armes illégales est un continent plus stable, plus prospère et plus uni.

Ainsi, depuis Lomé, cœur battant du désarmement africain, se dessine peu à peu une nouvelle génération d’acteurs engagés pour une Afrique sans armes et en paix.

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