Par René DOKOU, le 07 Janvier 2026
(IMPARTIAL ACTU)- Jadis symbole du prestige hôtelier de l’Afrique de l’Ouest, l’Hôtel de la Paix, situé en bord de mer à Lomé, n’est plus aujourd’hui qu’une carcasse de béton rongée par le temps. Les façades éventrées, les jardins livrés aux herbes folles et le silence qui règne sur le site contrastent cruellement avec l’effervescence qui animait autrefois cet établissement emblématique.
Dans les années 1970 et 1980, l’Hôtel de la Paix incarnait le luxe et l’élégance à la togolaise. Adresse incontournable de la capitale, il accueillait chefs d’État, diplomates, hommes d’affaires et artistes de renom. Ses salons feutrés, ses chambres donnant sur l’océan et ses restaurants raffinés participaient au rayonnement de Lomé, alors considérée comme l’une des vitrines touristiques de la sous-région.
La réputation de l’établissement reposait aussi sur sa gastronomie. Des chefs français y officiaient, apportant un savoir-faire qui faisait la fierté de l’hôtel et attirait une clientèle exigeante. Banquets officiels, réceptions privées et grandes soirées mondaines y rythmaient la vie sociale et politique du pays.
Mais les décennies ont passé, et avec elles, les heures de gloire de l’Hôtel de la Paix. Faute d’entretien, de modernisation et d’investissements durables, le site a progressivement sombré dans l’abandon. Aujourd’hui, il ne subsiste que les vestiges d’un âge d’or révolu, posant la question du devenir de ce patrimoine hôtelier stratégique, idéalement situé sur le littoral de la capitale.
Un projet de renaissance est toutefois à l’étude. Les autorités et les acteurs du secteur envisagent soit une rénovation complète de l’hôtel existant, soit la construction d’un nouveau bâtiment sur le même site. Cette seconde option, jugée potentiellement moins coûteuse, permettrait de repartir sur des bases modernes, adaptées aux standards internationaux actuels, tout en valorisant un emplacement exceptionnel.
Cette réflexion s’inscrit dans une dynamique plus large de relance du secteur hôtelier et touristique au Togo. Parmi les projets phares annoncés figure la construction d’un hôtel Hilton, sous la marque DoubleTree, en face de l’aéroport international de Lomé. Ce futur établissement vise à renforcer l’offre hôtelière haut de gamme et à répondre à la demande croissante liée aux voyages d’affaires et au tourisme.
Autre chantier d’envergure : la rénovation du Château Vial, dans la région de Kpalimé. Ce site historique pourrait être transformé en hôtel de luxe, misant sur le tourisme vert et patrimonial, et contribuant au développement économique local.
Reste cependant un défi majeur : le financement. La concrétisation de ces projets dépendra de la capacité à mobiliser des investissements privés et publics, ainsi qu’à instaurer des partenariats solides. Entre mémoire du passé et ambitions nouvelles, le destin de l’Hôtel de la Paix et des autres projets hôteliers symbolise les enjeux d’un secteur clé pour l’image et l’économie du pays.
















